Un Jour, de jour. Je vais à Aix rencontrer une amie. Nous avons rendez-vous. C'est une petite place où se trouve une fontaine. Du bas de la rue je l'aperçois, souriante sereine.
Elle m'attend. Elle ne tente pas de m'appeler.Je parle de cette démangeaison qui nous frappe aujourd'hui lorsque nous avons rendez-vous.
Elle a l'air contente de me voir, c'est un plaisir pour moi aussi.
Nous entrons dans une petite cour intérieure ouverte. Assis sur un banc, nous admirons le bleu-ciel et ces nuages qui passent à toute allure.
Je lui raconte mon début de vacance, mes projets, mes envies, mes plaisirs, mes joies, mes rencontres, mes expériences, mes ennuies, mes problèmes. Je lui parle de mon sentiment d'être extérieure aux individus, d'être déraciné, de ne pas me sentir moi.
Elle me parle de son ennuie des gens.Elle m'explique que l'attitude des gens est toujours la même.Parce qu'elle est étrangère. Elle subit la même série de questions à chaque nouvelle rencontre. Elle voudrait retourner au Brésil, cela fait 2 ans qu'elle n'a pas vu sa famille.
Silence.
Je lui demande quoi faire maintenant. Elle me regarde.Les Français ne savent pas apprécier le temps, me dit-elle. Ne sommes-nous pas bien sur ce banc à ne rien faire ? Laisser les choses se créer, se passer.
"Don't Gasp your time to doing nothing "
Je me rappelle ces mots.
Nous restons au final sur ce banc.
Le silence s'instaure.
J'observe un enfant qui ramasse toutes les feuilles qu'ils trouvent au sol. Il y en a beaucoup. Sa mère sourit de son insouciance. Elle l'arrache de son entreprise audacieuse, et lui explique qu'il pourra en trouver d'autres.L'enfant se trouve arraché a son moment présent , de bonheur.
Comme une illustration de ses propos, elle se met soudain à pleurer.
Je sens ,sans saisir tout, qu'un tas de choses tournaient dans sa tête et que c'est comme si la simple action de cette mère sur cet enfant avait relâché ses pleurs.
Après un moment nous parlons plus clairement.
Elle sourit. Nous faisons quelques projets; Avenir.
Cela nous excite.
Cela nous excite.
Puis, nous nous levons. Je dois partir.
Elle me dit Ciao et s'en va comme elle l'a toujours fait. Pas de superflu. Jamais.

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